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D’où vient la chaîne d’approvisionnement verte ? 

Green Supply Chain

L’industrialisation de masse et la société de consommation ont accentué les prises de conscience et les préoccupations sociétales concernant les problèmes environnementaux. 

Devant l’intérêt grandissant des consommateurs pour ces questions, et face à la concurrence dans un secteur de services fortement standardisé, les chaînes de magasins et les fournisseurs de services de logistique et de transport accordent de plus en plus d’importance à la gestion d’une chaîne d’approvisionnement verte.  

Ces pratiques ont pour but de mener des actions économiquement viables qui ont des répercussions positives sur la société et qui respectent l’environnement. Elles permettent de mettre en place une logistique plus durable grâce à la connaissance de ses répercussions environnementales. 

Bref, la mise en place d’une chaîne d’approvisionnement verte a un impact minimal tant sur les personnes que sur la planète, et favorise autant l’économie que l’écologie. 

Devenir un leader et obtenir un avantage concurrentiel 

green RSE

La mise en place d’une chaîne d’approvisionnement verte permet de prendre une longueur d’avance dans l’inévitable transition écologique et de se préparer aux incontournables changements législatifs qui l’accompagneront.  

Le sentiment d’urgence causé par le réchauffement climatique crée une pression de plus en plus forte sur les marques. En adoptant des pratiques durables, une entreprise développera une image positive et attractive auprès des consommateurs tout en motivant ses propres ressources.  

L’investissement de départ pour réduire le bilan carbone d’une entreprise peut s’avérer coûteux, mais cette démarche comporte son lot d’avantages, notamment économiques.  

D’une part, une entreprise efficiente qui utilise des technologies plus propres évitera de payer certains frais imposés par les gouvernements. Au Canada, en vertu du programme de tarification de la pollution par le carbone, le gouvernement fait payer les entreprises qui ne respectent pas les normes de leur secteur et remet des crédits à celles qui obtiennent un meilleur rendement. 

D’autre part, l’adoption de nouvelles pratiques de consommation énergétique (carburant, eau, électricité) permet de réduire les coûts opérationnels. En réduisant sa consommation de ressources nécessaires au processus d’approvisionnement, de stockage, de production et de transport, l’entreprise peut réaliser des économies considérables, tout en protégeant notre planète.   

Plusieurs leviers d’action peuvent être mis à contribution pour déployer une chaîne d’approvisionnement verte et favoriser une logique de durabilité. Du transport aux procédés de fabrication, en passant par l’emballage et le stockage, de nombreux aspects peuvent être pris en compte pour réduire l’impact écologique de l’entreprise.

S’inspirer des démarches pionnières 

  • Moderniser et verdir l’entrepôt

Tout peut commencer par la conception même de l’entrepôt : sa localisation, les matériaux utilisés pour sa construction, son aménagement et l’utilisation d’énergies vertes sont des éléments nécessaires pour la construction d’un entrepôt écoresponsable. Par exemple, l’entreprise L’Oréal a entrepris la construction de plusieurs sites neutres en carbone.  

entrepôt vert
Crédit photo @Kindel Media

L’imperméabilisation des sols d’entrepôt, des stationnements ou des voies de circulation est également un problème puisque l’eau de pluie est redirigée vers les égouts et n’atteint plus les nappes phréatiques. 

 

Certains systèmes permettent de réinjecter l’eau de pluie dans les sols en direction des nappes phréatiques ou de la récupérer pour des usages sanitaires ou pour l’arrosage d’espaces verts. C’est notamment ce qu’a choisi de faire Décathlon en réutilisant l’eau de pluie. 

 

L’utilisation de technologies et de logiciels avancés comme un système de gestion d’entrepôt permet d’établir une logistique durable et d’éliminer certaines tâches ou des déplacements coûteux en énergie. L’utilisation d’un système de gestion du transport permet également de diminuer la consommation de carburant en optimisant les itinéraires de livraison. La robotisation est en voie d’améliorer les conditions de travail des employés, notamment pour la préparation de commandes, le conditionnement ou encore le chargement des camions. L’Oréal en a fait la preuve avec son usine 4.0. 

Mobiliser ses fournisseurs

En amont de la production, la conception des produits doit, elle aussi, être repensée, et le choix des matériaux doit s’inscrire dans une politique plus écologique en privilégiant les matériaux non polluants ou recyclables. L’entreprise devrait également choisir des fournisseurs à proximité afin de favoriser les circuits courts ou encore des fournisseurs eux-mêmes inscrits dans une démarche écoresponsable. L’entreprise Samsung est très attachée à ces valeurs et intègre cet aspect tout au long de sa chaîne de production. 

  • En finir avec la suprématie des énergies fossiles

Pour limiter les émissions de GES, une entreprise devrait privilégier un mode de transport ferroviaire ou fluvial plutôt que le transport routier ou aérien, lorsque c’est possible. Le ferroutage permet également de diminuer le nombre de camions sur les routes, mais aussi de réduire la fatigue des chauffeurs et, du même coup, le nombre d’accidents de la route. Il est également important d’optimiser les itinéraires routiers et d’éviter les retours à vide des camions en utilisant la logistique inverse. Grâce à sa plateforme multimodale, Nestlé a réussi à retirer de la route environ 15 000 camions par an. 

L’utilisation de carburants moins polluants, comme les biocarburants, est également une voie à suivre. Le renouvellement éventuel des flottes par des véhicules électriques ou hybrides pourra également diminuer le bilan carbone de l’entreprise. C’est d’ailleurs ce qu’a fait DHL en investissant dans une flotte de véhicules électriques en France. Même les gros transporteurs pourront prendre le virage électrique grâce au nouveau semi-remorque entièrement électrique conçu par Tesla. 

Coûteuse en argent et en carburant, la livraison sur le dernier kilomètre, ou Last Mile Delivery, est la dernière étape du processus de livraison des commandes, généralement entre un entrepôt et le domicile du consommateur. Cette partie affiche un bilan carbone très élevé, surtout s’il y a retour de la marchandise ou relivraison. L’utilisation de points relais, où le consommateur peut aller chercher des colis ou déposer des retours, est une solution intéressante pour diminuer le bilan carbone.  

  • Adopter des emballages écoresponsables

Les entreprises doivent repenser leurs produits et leurs emballages avec des matériaux recyclables, qui pourront être facilement récupérés et réintégrés dans un nouveau processus de production. De plus en plus, les fabricants font affaire avec des entreprises comme TerraCycle pour créer des programmes de recyclage pour leurs produits. L’Oréal en est un bon exemple, et ce, même au Canada. 

Envisager l’avenir

Image a la une - Marques engagées - univers retail.

Les contraintes gouvernementales actuelles et futures, ainsi que les attentes des consommateurs de plus en plus conscients des enjeux climatiques, incitent les entreprises à agir en développant et en repensant leurs méthodes et processus. Même si cela nécessite d’importants investissements, les retombées sont positives. De telles initiatives peuvent constituer de réels avantages stratégiques et concurrentiels face aux changements qui s’annoncent et permettre le développement d’une économie plus durable et plus respectueuse de l’environnement. 

 

Mais attention : cette démarche ne doit pas être réalisée dans un seul but marketing. Bien souvent, le public et le personnel ressentent cette forme de verdissement d’image et se sentent manipulés, ce qui entraîne des retombées négatives. Pour éviter cela, il faut que les démarches soient engagées et naissent d’une réelle envie de faire avancer les choses.  

 

Toujours sceptique ?  Prenons l’exemple de grandes enseignes comme Nike, Toyota ou encore UPS. En réduisant leur consommation énergétique, en limitant leurs émissions de CO2 et en misant sur l’utilisation de matériaux recyclables, ces entreprises ont misé sur le développement durable et en ont fait une priorité. 

Les actes d’aujourd’hui construisent les révolutions de demain. 

Envie d’en discuter ou de lancer une démarche ?

Sources : 

Gestion de la chaîne d’approvisionnement verte : Perspective canadienne du commerce de détail et des produits de consommation, Industrie Canada, 2009. https://ised-isde.canada.ca/site/logistique-canada/sites/default/files/attachments/pg00034_fra.pdf 

Fonctionnement de la tarification du carbone, gouvernement du Canada, 2022, https://www.canada.ca/fr/environnement-changement-climatique/services/changements-climatiques/fonctionnement-tarification-pollution/mesures-pour-mettre-un-prix-sur-carbone.html 

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